Predator Hunting Grounds : La Chasse Est Ouverte, Mais À Quel Prix?

Le jeu Predator Hunting Grounds

Depuis son apparition emblématique en 1987 au cinéma, le Predator est devenu une icône de la science-fiction et de l’horreur, incarnant l’ultime chasseur extraterrestre. Après plusieurs tentatives vidéoludiques plus ou moins concluantes, IllFonic (connu pour Friday the 13th: The Game) a relevé le défi de faire vivre ce fantasme asymétrique dans Predator: Hunting Grounds. Sorti en avril 2020, le jeu propose une formule simple mais séduisante sur le papier : quatre soldats d’élite en coopération contre un seul joueur incarant le Prédateur. Le résultat est une expérience très inégale, qui a trouvé son public mais révèle aussi les limites du genre.

Le Cœur du Jeu : Une Asymétrie Prometteuse

Le concept est le point fort du titre. Côté Fireteam, vous incarnez un membre d’une unité spéciale envoyée en mission dans les jungles d’Amérique du Sud. Objectifs: réaliser des quêtes secondaires (détruire un camp, récupérer des données) puis atteindre la zone d’extraction. L’ambiance est tendue, proche d’un Left 4 Dead militaire, avec la menace constante d’être traqué par l’invisible.

Côté Predator, le plaisir est radicalement différent. Vous évoluez dans les arbres, utilisez une panoplie d’armes exotiques (lance plasma, filet, disque, lanceur intelligent) et une variété de visions thermiques et technologiques pour traquer vos proies. La jouabilité du chasseur, avec ses sauts de branche en branche et son camouflage, est clairement l’atout majeur du jeu. Le frisson d’embusquer une Fireteam, de les harceler avant de fondre pour le «kill honorifique» est fidèle à l’esprit du film.

Des Limites Qui Rendent la Chasse Inégale

Malheureusement, l’équilibre et le contenu initial ont longtemps péché. À son lancement, le jeu souffrait de problèmes récurrents : manque de variété dans les maps et les modes, équilibrage fragile (un Predator expérimenté pouvait decimer une Fireteam novice, et vice-versa avec une équipe coordonnée), et des techniques bon marché (camping de l’hélicoptère d’extraction, bouclier du Predator trop faible en mêlée...).

Le jeu reposait trop sur la répétition du même scénario, avec des bots ennemis (des guérilleros) peu intelligents, servant plus de distraction que de défi. La progression, bien que fournissant un bon nombre d’armes, de gadgets et de cosmétiques pour les deux camps, peinait à masquer le sentiment de déjà-vu.

L’Effort Post-Lancement et la Communauté

IllFonic a su soutenir son titre avec un contenu additionnel régulier et surtout très fidèle à la licence. L’arrivée de modes de jeu comme le 1v1, de nouvelles maps, et surtout de Predators iconiques (comme le Predator "City Hunter" de Predator 2, le "Scar" d'Alien vs. Predator et même Dutch Schaefer, incarné à nouveau par Arnold Schwarzenegger) a été saluée. Ces mises à jour ont permis de maintenir une communauté soudée, passionnée par l’univers.

Verdict : Une Expérience pour les Fans

Predator: Hunting Grounds est un jeu niche. Il ne brille ni par sa technique (des graphismes corrects sans plus), ni par sa profondeur stratégique. Cependant, il capture comme peu d’autres l’essence même du mythe du Predator. Le moment où vous entendez pour la première fois le fameux clic de l’alien invisible, où vous voyez les lasers de son lance-plasma se fixer sur un coéquipier, est tout simplement magique.

C’est donc une recommandation sur avis mitigé:

Pour les fans inconditionnels de la licence, c’est probablement le meilleur jeu Predator à ce jour, surtout après toutes les améliorations.

Pour les joueurs en quête d’un asymétrique équilibré et profond comme Dead by Daylight, la frustration pourrait l’emporter sur le plaisir.

En coopération entre amis, face à un Predator joueur, l’expérience peut devenir mémorable, dans le chaos et les rires.

Au final, Predator: Hunting Grounds est une chasse imparfaite, mais authentique. Il prouve que la licence a un énorme potentiel dans le jeu vidéo, et qu’avec les bons soins, un concept simple peut offrir des heures de frissons... à condition d’accepter de se faire parfois éliminer sans gloire, ou de traquer des proies insaisissables. L’important, après tout, n’est-il pas dans l’honneur du combat?

Le mardi 3 février 2026 par Sandrine Marchal

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