Alors que l'éditeur français Ubisoft poursuit sa vaste restructuration mondiale, c'est au tour de son studio de Toronto de subir une vague de licenciements. L'entreprise a confirmé jeudi le départ de 40 employés, tout en s'efforçant de rassurer les fans sur le maintien en développement de l'attendu remake de Splinter Cell.
Ces nouveaux départs portent un coup dur à l'une des filiales les plus importantes du groupe en Amérique du Nord. Avec environ 500 employés avant cette annonce, Ubisoft Toronto est un studio historique, fondé en 2010 par Jade Raymond, et connu pour son travail sur des franchises majeures comme Watch Dogs: Legion, Far Cry 6 ou encore Splinter Cell: Blacklist.
Une décision qui s'inscrit dans un plan d'économie global
Selon les informations rapportées par le site canadien MobileSyrup et confirmées par plusieurs médias internationaux, ces suppressions de postes, représentant environ 8% des effectifs du studio, font partie de la "phase finale" du plan mondial de réduction des coûts annoncé par Ubisoft en janvier dernier.
Dans une déclaration officielle, un porte-parole de l'entreprise a tenté d'apaiser les inquiétudes: "Cette décision n'a pas été prise à la légère et ne remet en aucun cas en cause le talent, le dévouement ou la contribution des personnes concernées. Notre priorité est désormais de les accompagner dans cette transition avec des indemnités de départ complètes et un solide programme d'aide à la réinsertion professionnelle".
Cette restructuration vise à transformer l'organisation créative du groupe en "maisons créatives" autonomes, dans l'espoir de réaliser 200 millions d'euros d'économies supplémentaires sur les deux prochaines années . Malheureusement, ce plan a déjà eu des conséquences douloureuses ailleurs, avec la fermeture pure et simple d'Ubisoft Halifax en janvier, l'annulation de six jeux dont le très attendu remake de Prince of Persia: Les Sables du Temps, et la proposition de suppression de 200 postes au siège parisien.
L'avenir du remake de Splinter Cell en question ?
L'inquiétude des joueurs s'est immédiatement tournée vers le projet phare du studio canadien: le remake du premier Splinter Cell. Développé sur le moteur Snowdrop (celui de The Division et Star Wars Outlaws), le jeu avait été annoncé en grande pompe en 2021 mais n'a plus fait parler de lui depuis, si ce n'est pour le retour de son directeur original à la fin de l'année dernière.
Face aux rumeurs les plus pessimistes, Ubisoft a tenu à confirmer que le développement du jeu d'infiltration se poursuit. Un email interne, relayé par la presse, indique que le studio de Toronto restera "un contributeur clé à plusieurs mandats de co-développement et équipes de service", en plus de travailler sur Splinter Cell. Le studio continuera également à collaborer sur des titres comme Rainbow Six Siege.
Cependant, dans le climat actuel, cette promesse est prise avec des pincettes par les observateurs. Le parallèle avec l'annulation du remake de Prince of Persia est dans tous les esprits. "L'annonce d'Ubisoft résonne comme un mauvais présage pour le projet et rappelle inévitablement le sort d'un autre titre de l'éditeur", analyse le site Numerama, faisant état d'un "espoir qui s'amenuise" quant à l'avenir du jeu.
Un climat social tendu
Cette nouvelle vague de licenciements survient dans un contexte social extrêmement tendu chez Ubisoft. Le 10 février dernier, environ 1 200 employés avaient répondu à l'appel à la grève de plusieurs syndicats français, dénonçant la "gestion catastrophique" de la direction et réclamant la démission du PDG Yves Guillemot. La direction mise désormais sur la nomination de vétérans de l'industrie à la tête de ses nouvelles structures pour redresser la barre et prouver que ce "grand reset" peut porter ses fruits . Pour l'instant, l'industrie et les joueurs retiennent leur souffle, guettant le moindre signe de vie de Sam Fisher.

